L' ANCIENNE CLOUTERIE HEMBISE
![]() |
| L'ancienne clouterie sur le haut de la Grand' Rue |
Une industrie oubliée de Solre-le-Château
Au début du XIXᵉ siècle, l’Avesnois est une terre de fer. Autour de Maubeuge, forges, fenderies et clouteries font vivre de nombreux ouvriers. Cette activité métallurgique ne se limite pas aux grandes villes : elle s’étend aussi aux bourgs voisins, dont Solre-le-Château, qui compte au moins deux clouteries dans les années 1830.
Les sources commerciales mentionnent, dès 1827, la présence d’Antoine Wilmet, installé à Solre-le-Château, également propriétaire d’une clouterie à Cousolre et de forges à Solre-sur-Sambre. Quelques années plus tard apparaît la clouterie exploitée par Jean-Baptiste Hembise.
Un parcours d’artisan devenu fabricant
En 1830, Jean-Baptiste Hembise, natif de Roux-les-Jumet (Charleroi), épouse Marie-Joseph Désirée Nicodème à Solre-le-Château. Ignace et Humbert Delhaye, père et fils, fabricants de clous à Solre, sont présents lors du mariage. À cette date, Jean-Baptiste est encore ouvrier spécialisé.
Quelques années plus tard, il est mentionné comme fabricant, puis marchand de clous. En 1835, il apparaît dans l’Almanach du commerce de Paris, signe qu’il est désormais solidement établi dans la profession.
Son entreprise semble ambitieuse. Les documents de 1839 décrivent un établissement remarquable :
-
une vaste maison,
-
des magasins, plusieurs lieux d'aisance, une pâture
-
et surtout trois bâtiments renfermant trente-quatre forges de cloutiers.
L’ensemble, récemment construit, est érigé sur 36 ares de terrain. Il est situé sur le haut de la Grand’Rue, au lieu-dit « des Sœurs », tenant à la route de Jeumont à Hirson.
Trente-quatre forges représentent une capacité de production importante pour une petite commune rurale. Il ne s’agit pas d’un simple atelier familial, mais d’un véritable centre de fabrication.
Ni le cadastre de 1828, partiellement détérioré, ni celui de 1902 — rénové ou remanié avec renumérotation des parcelles — ne permet de localiser les numéros des parcelles ni l’implantation des bâtiments.
Une disparition précoce
Pourtant, le 12 mai 1839, l’ensemble est mis en vente publique à la requête d’un créancier hypothécaire. L’acte précise que les bâtiments sont récents et en bon état : la difficulté n’est pas matérielle, mais financière.
Plusieurs éléments peuvent expliquer cette fin rapide.
Dans les années 1830, la clouterie à chaud, où chaque clou est forgé à la main, commence à subir la concurrence de procédés mécaniques plus productifs. Les moyens de production se développent rapidement, mais la consommation ne suit pas toujours. Les enquêtes industrielles de l’époque évoquent même un « encombrement de marchandises ».
À cela s’ajoute la situation géographique de Solre-le-Château. Avant l’arrivée du chemin de fer, le bourg reste relativement enclavé. L’écoulement des marchandises vers des marchés plus éloignés devient difficile, ce qui fragilise d’autant plus l’entreprise.
PS: Les cloutiers JB Hembise et A. Wilmet figurent encore dans les annuaires de commerce de 1841 et 1842. Jean-Baptiste Hembise est mentionné comme fabricant de clous à Solre au moment de son décès en 1842 à Loos. Après 1842, ils disparaissent de l’Almanach de commerce de Paris à partir de 1843, ce qui suggère que leur activité n’y est plus répertoriée après cette date.
Dans cet almanach de 1843, apparaît deux nouvelles entreprises de clouterie ; Ignace Delhaye & Charles Pécriaux, indiquant une reprise ou une présence commerciale distincte de celles de Hembise et Wilmet.
Sources: Bibliothèque Nationale de France - Archives Départementales du Nord - Généalogie partielle Hembise.- Journal L'Indépendant. Enquête agricole et industrielle 1847-1848 - La deuxième République 1848-1852 - Almanach de commerce de Paris
ÉTUDE ÉCONOMIQUE & POLITIQUE



.jpg)

Commentaires
Enregistrer un commentaire