LE BLOCKHAUS DES GARENNES B102 (Les Garennes)


LE BLOCKHAUS DES GARENNES B102

 Année de construction : 1936 - Coordonnées 50.180943 - 4.081982

Il est situé au Nord Ouest de Solre, face à la station d’épuration. 

Il protège la route menant à Maubeuge par Ferrière. (D27) 


Le Fort en 2020                    Lt Marcel Pinchon     Robert Baivier               Recueil d'une famille     



   Il y a 70 ans, le lieutenant monsois Marcel Pinchon donnait sa vie pour la France.

Marcel a 30 ans en ce mois de mai 1940. C'est un jeune officier patriote, humain et compétent,
apprécié autant de ses supérieurs que de ses hommes. Il commande le blockhaus des Garennes, à Solre-le-Château. On lui avait proposé un poste d'instructeur en Bretagne qu'il a refusé. « On m'a donné le choix, j'ai choisi. Je ne regrette rien, écrit-il à un ami. La place d'un officier de 30 ans n'est pas à l'arrière et celui qui a accepté les galons en temps de paix, doit savoir les honorer en temps de guerre. » La situation est très mauvaise. C'est la débâcle. Sur les routes, s'écoule un flot ininterrompu d'hommes et de femmes épuisés. Les Panzers de Rommel seront bientôt là. Ce n'est plus qu'une question d'heures !  Marcel ne se fait guère d'illusions. Quelques jours auparavant, il était revenu à Mons-en-Baroeul, dire au revoir aux siens. Au moment de prendre le train pour Maubeuge, il avait déclaré à sa sœur : « C'est la dernière fois que je viens en permission. » Il connaissait la consigne donnée aux défenseurs des forteresses : « Tenir ou mourir ». Il en avait fait sa devise. La bataille est décisive. Le journal Le Petit Parisien écrit : « Nos troupes doivent tenir coûte que coûte. Le sort de la patrie dépend de la bataille gigantesque commencée hier matin dans la région de Maubeuge. » Justement, la première ligne des forteresses vient de céder devant l'avancée allemande et, en ce 17 mai 1940, il ne reste plus comme dernière ligne de défense face à l'ennemi que quelques maigres blockhaus dont celui défendu par Marcel Pinchon.

Marcel prépare ses hommes au combat : « Nous combattrons jusqu'au bout, leur annonce-t-il. Toutefois, si certains veulent partir, ils peuvent le faire pendant qu'il en est encore temps. » Personne n'a quitté son poste. Alors, sur sa petite table de fer, Marcel écrit une dernière lettre pour sa famille et pour tous ceux qui l'ont aimé.




La percée allemande à Solre le 16 Mai 1940- Licence CC-BY-NC-SA - J.M. Jolas.


L'ATTAQUE : Le 16 mai 1940, après une progression par Renlies et Sivry, le groupe de reconnaissance du 7e Panzer pénètre en territoire français, à Beaurieux, vers 15 heures, et poursuivent leur route vers Clairfayts. Le 17 mai, le bloc des Garennes détruit une automitrailleuse qui s'aventure dans la pâture avoisinante. Vers 14h30, deux chars attaquent le fortin à l'abri des maisons de la route d'Avesnes. Le canon de 37 TR1916 répond, mais son percuteur se brise. Le lieutenant Pinchon et le sergent Menger sortent le canon tandis que le sergent Bachelet les remplace à l'embrasure avec sa mitrailleuse. Une pluie de balles perforantes s'abat sur les blindés. Le chef de bloc aide lui-même au service de l'arme, pendant que le soldat Baivier remplace le percuteur cassé. D'autres blindés se joignent aux premiers. Les obus de 4 chars cognent maintenant les 3 créneaux. A cette distance tous les coups portent et le béton vibre, soulevant de la poussière et rendant la visibilité presque nulle. Le canon est enfin réparé. Le lieutenant aidé par ses deux sous officiers le replace dans le créneau, mais à cet instant un projectile ricoche dans l'embrasure, pénètre dans la chambre de tir. Seuls trois blessés échapperont : Cougneau, Vasseur et le sergent Bachelet, qui a la mâchoire brisée. Il est environ 15 heures. Le verrou menant à Ferrière la grande vient de succomber. Le sergent Bachelet parviendra à gagner la Belgique.
Un habitant de Lez Fontaine, de retour d'exode, devra passer par un créneau pour accéder à l'intérieur, et trouvera les cadavres du lieutenant Pinchon, du sergent Menger, et du soldat Baivier.
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Marcel Pinchon est enterré dans le cimetière de Solre. Son père, Alfred, s'y rend à vélo et obtient l'autorisation de ramener la dépouille de son fils. Paul Pinchon, le neveu de Marcel, qui travaille inlassablement à perpétuer la mémoire de son oncle, s'est rendu sur place et a rencontré des témoins de la scène. « Il y avait beaucoup de monde dans le cimetière, atteste-t-il. Les Allemands, en armes, avaient détaché un peloton. Ils ont formé une haie d'honneur, de part et d'autre du cercueil, tandis qu'on transportait le corps. » Le 5 juillet, c'est dans un simple camion conduit par un ami que le père et le fils rejoindront Mons-en-Barœul.

Dans le square Jean XXIII, sous la statue de Marcel Pinchon, on peut lire sa dernière lettre. Ce texte a été lu aux enfants des écoles de Solre dès mai 1940 puis dans toutes les écoles de France. (Extrait ...)
« À mes chers parents, frères et sœurs, à tous mes amis, écrit-il. Si je ne dois plus vous revoir, sachez que tous, je vous ai beaucoup aimés. Je suis en paix avec ma conscience. Je mourrai sans haine. J'ai fait mon possible et je suis fier de mes hommes qui partagent entièrement ma volonté de résistance. Je vous embrasse comme je vous aime. Votre Marcel. » • A. C. (CLP)

Sources: RACINES ET PATRIMOINE- @Wikimaginot.eu / Licence CC-BY-NC-SA &  Voix du Nord



                                                                ANNEXE
Lettre originale de Marcel Pinchon
  












Commentaires

  1. ---
    Bonjour,
    Je me permets de vous contacter : je m’appelle Paul PINCHON et je suis le neveu du lieutenant Marcel PINCHON, sur lequel vous avez rédigé un historique particulièrement précis et fidèle.
    Je tiens à vous en remercier sincèrement et vous exprimer toute ma reconnaissance pour la qualité de votre travail.
    À toutes fins utiles, je vous communique mon adresse e-mail : mtandre@orange.fr.
    Cordialement,
    Paul PINCHON

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